Platon [24 &25] [3 Lits Créer,produire,imiter : Dieu, l'artisan, l'artiste. Quatre manière de connaître le réel : Trois manières "d'être" pour les lits : l'idée,l'objet et l'apparence

Publié le par Maltern

Platon [25] Quatre manière de connaître le réel : nommer, définir, faire un dessin, contempler l’idée [Lettre VII].
 
* Quatre manière de connaître le réel : nommer, définir, faire un dessin, contempler l’idée.
 
* Quatre manière de connaître le réel : nommer, définir, faire un dessin, contempler l’idée.

« Il y a pour chaque être trois modes qui permettent d’en acquérir la science, elle-même est le quatrième, et en cinquième lieu il faut placer l’objet lui-même, connaissable et vraiment réel. Le premier mode est le nom ; le deuxième la définition ; le troisième l’image ; le quatrième la science. Prenons un exemple pour comprendre ce que je viens de dire et appliquez-le à tout. Cercle, voilà quelque chose d’exprimé, dont le nom est celui même que je viens de prononcer. Son deuxième mode est la définition, composée de noms et de verbes : ce dont les extrémités sont à égale distance du centre, voilà une définition de cette chose dont le nom est rond, circonférence, cercle. Le troisième mode est le cercle dessiné, puis effacé, tourné au tour de potier, puis détruit. Mais le cercle-en-soi auquel se rapportent tous ces objets, n’éprouve rien de semblable, car il est autre. En quatrième lieu, la science, l’intelligence et l’opinion vraie, relatives à ces objets. Il faut les ranger toutes dans un seul groupe car elles ne résident ni dans les voix, ni dans les figures corporelles, mais dans les âmes. D’où il est évident qu’elles se distinguent et de la nature du cercle-en-soi, et des trois modes que nous venons de dire. Parmi elles, c’est l’intelligence qui, en parenté et en ressemblance, se rapproche le plus du cinquième, les autres en sont plus éloignées. »

[Platon, Lettre VII, 342a-d]

 


 

Platon [24] Quel est le rapport de l’imitation à l’être du Réel et de l’apparent ? [République X]

L’idée de lit, le lit et le lit imité.

Créer, produire, imiter. Dieu, l’artisan et l’artiste

 

Socrate-Glaucon

 

S - Qu’est‑ce que l’imitation en général ? Peux‑tu me le dire ? car je t’assure que pour ma part je ne conçois pas bien à quoi elle tend. G - Et tu comptes sur moi pour la concevoir ! S - Il n’y aurait là rien d’étrange, car il ne manque pas de choses que des gens qui ont la vue basse aperçoivent avant ceux qui l’ont perçante. G - C’est vrai, mais en ta présence je n’oserais même pas dire ce qui me saute aux yeux ; vois toi‑même. S - Eh bien veux‑tu, que selon notre méthode habituelle nous donnions à notre recherche le point de départ que voici : pour chacune des mul­tiples choses auxquelles nous attribuons le même nom, nous avons coutume, n’est‑ce pas, de poser une Forme unique et singulière ; tu y es ? G - J’y suis. S - Prenons donc encore une fois telle des choses multiples que tu veux. Je te propose, par exemple, la multiplicité des lits et des tables. G - D’accord. S - Quant aux Formes de ces meubles il y en a deux, n’est‑ce pas, celle du lit, celle de la table.

G - Oui. S - Nous avons également coutume de dire, n’est‑il pas vrai, que l’artisan qui fabrique chacun de ces meubles le fait en dirigeant son regard vers l’Idée ; ainsi l’un fait les lits, l’autre les tables dont nous nous servons, et ainsi de suite ? Quant à l’Idée elle‑même, il ne se trouve aucun artisan pour la fabriquer, car com­ment cela serait‑il ?

 G - Il n’en est rien. S - Vois‑tu maintenant quel nom donner à l’artisan que voici ? G - Lequel ? S - Celui qui fabrique tous les objets dont chacun des artisans se charge de fabriquer l’un pour son compte. G - Tu parles là d’un homme étonnamment habile ! S - Attends ! tu ne vas pas tarder à le dire plus habile encore. Car ce ne sont pas seulement les objets fabriqués que ce même artisan est capable de faire : il fait tous les végétaux et il produit tous les vivants, y compris lui‑même, sans compter qu’il produit la terre, le ciel, les dieux et tout ce qu’il y a dans le ciel et sous terre, chez Hadès. G - C’est d’un artiste absolument merveilleux que tu parles ! S - Tu n’y crois pas ? mais dis‑moi, es‑tu d’avis qu’un tel ouvrier n’existe pas du tout, ou bien qu’en un sens on peut devenir l’auteur de tout cela, en un autre sens, non ? Est‑ce que tu ne te rends pas compte qu’en un sens tu serais capable, toi, de faire tout cela ? G - En quel sens ? S - La tâche est aisée, elle se fait souvent et vite, très vite même : il te suffit de prendre un miroir et de le tourner de tous côtés ; tu auras vite fait de faire le soleil, les corps célestes, la terre, toi‑même et les autres vivants, les objets fabri­qués et tout ce dont il était à l’instant question. G - Oui, des apparences mais pas des êtres véritables ! S - Tu entres admirablement dans le jeu, car le peintre fait aussi partie de ces artisans, n’est‑ce pas ? G - Bien sûr. S - Tu me diras, je suppose, qu’il ne fait pas vraiment ce qu’il fait ; mais en un sens le peintre aussi fait bien un lit, n’est‑ce pas ? G - Oui, mais lui aussi fait un lit apparent. S - Mais le menuisier, ne viens‑tu pas de me dire qu’il ne fait pas la Forme, dont nous disons qu’elle est le lit en soi, mais un lit ? G - Je l’ai dit. S - Mais alors, s’il ne fait pas la chose en soi, ce n’est pas l’être qu’il fait, mais quelque chose qui y ressemble, sans l’être ; et pré­tendre que l’ouvrage du fabricant de lits, ou de quelque autre artisan possède la plénitude de l’être, c’est s’exposer à ne pas dire vrai ? G - Du moins serait‑ce l’avis des spécialistes de ces questions. S - Ne nous étonnons donc pas d’y trouver quelque chose d’obscur sur le rapport de la vérité. G - Non, en effet.

[Platon, République X, 595c‑597b]

Publié dans 14 - RAISON et le REEL

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