Hegel GWF [08] C’est dans les mots que nous pensons : l’ineffable est de la pensée obscure.

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Hegel GWF [08] C’est dans les mots que nous pensons : l’ineffable est de la pensée obscure.

L / ES   

 
« C’est dans les mots que nous pensons. Nous n’avons conscience de nos pensées déterminées et réelles que lors­que nous leur donnons la forme objective, que nous les différencions de notre intériorité, et par suite nous les marquons d’une forme externe, mais d’une forme qui contient aussi le caractère de l’activité interne la plus haute. C’est le son articulé, le mot, qui seul nous offre une existence où l’externe et l’interne sont si intimement unis. Par conséquent, vouloir penser sans les mots, c’est une tentative insensée. Et il est également absurde de consi­dérer comme un désavantage et comme un défaut de la pensée cette nécessité qui lie celle-ci au mot. On croit ordi­nairement, il est vrai, que ce qu’il y a de plus haut, c’est l’ineffable. Mais c’est là une opinion superficielle et sans fondement ; car, en réalité, l’ineffable, c’est la pensée obscure, la pensée à l’état de fermentation, et qui ne devient claire que lorsqu’elle trouve le mot. Ainsi le mot donne à la pensée son existence la plus haute et la plus vrai ».

 

[Hegel, Encyclopédie des sciences philosophiques, Philosophie de l’Esprit, psychologie, esprit, théorétique, trad. A. Vera, Felix Alcan.]

 

 

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