BATAILLE Georges 1897-1962 [01] L’homme : cet animal qui, par le travail nie la Nature et sa nature.

Publié le par Maltern

BATAILLE Georges 1897-1962 [01] L’homme : cet animal qui, par le travail nie la Nature et sa nature.

 

« Je pose en principe un fait peu contestable : que l’homme est l’animal qui n’accepte pas simplement le donné naturel, qui le nie. Il change ainsi le monde extérieur naturel, il en tire des outils et des objets fabriqués qui composent un monde nouveau, le monde humain. L’homme parallèlement se nie lui-même, il s’éduque, il refuse par exemple de donner à la satisfaction de ses besoins animaux ce cours libre[1], auquel l’animal n’apporte pas de réserve. Il est nécessaire encore d’accorder que les deux négations que, d’une part, l’homme fait du monde donné et, d’autre part, de sa propre animalité, sont liées. Il ne nous appartient pas de donner une priorité à l’une ou l’autre, de chercher si l’éducation (qui apparaît sous la forme des interdits religieux) est la conséquence du travail, ou le travail la conséquence d’une mutation morale. Mais en tant qu’il y a homme, il y a d’une part travail et de l’autre négation par interdits de l’animalité de l’homme. »

 

 [Georges Bataille, L’Erotisme, 1957, Ed de Minuit, 1995, pp 238-239]

 


[1] Libre : au sens de spontané, sans contrôle.

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