WATZLAWICK Paul né en 1921 [01] L’approche systémique dans les sciences humaines : l’interaction et l’illusion de la connaissance de l’individu et du sujet isolé. Le paradigme des lapins et

Publié le par Maltern

WATZLAWICK Paul né en 1921 [01] L’approche systémique dans les sciences humaines : l’interaction et l’illusion de la connaissance de l’individu et du sujet isolé. Le paradigme des lapins et des renards.

 

[L’école de Palo Alto, - Mental Research Institute, - est à l’origine du développement des thérapies familiales. L’idée centrale c’est qu’un trouble psychique n’est pas celui d’un individu, - illusion du sujet isolé, - mais d’un dysfonctionnement des relations entre individus. Même l’absence de communication, le silence, l’isolement est un comportement qui a du sens, autrement dit il est impossible de ne pas communiquer, même la non-communication est un message qui communique… Il s’agit donc d’une approche « systémique » : comprendre c’est réintroduire dans l’ensemble des liens en interaction, et nul n’est donc le sujet à part entière d’une communication, qu’elle soit verbale ou comportementale, n’en est la source ponctuelle, ni l’aboutissement. Sont donc remis en cause le modèle techniciste et linéaire de la communication (Shannon que Jakobson appliquera au langage), l’idée que le plus important dans la communication c’est le langage parlé, et bien entendu la notion d’un sujet substance comme chez Descartes. Le personnel s’efface derrière l’interpersonnel. La connaissance dans les sciences humaines ne peut porter sur l’individu sans passer par celle du milieu et des interrelations, dans une perspective écologique)]

 
 
 

On ne comprendra jamais les renards si l’on ne prend pas en compte les lapins… L’approche systémique d’un phénomène.

 

 « L’augmentation et la diminution du nombre des renards qui peuplent une certaine région du Canada manifestent une périodicité remarquable. Ces variations sont cycliques en l’espace de quatre ans, le nombre des renards atteint un maximum, puis diminue presque jusqu’à extinction complète, et recommence à augmenter. Si l’attention du biologiste se limitait aux renards, ces variations cycliques demeureraient incompréhen­sibles; rien en effet dans la nature du renard ou de l’espèce dans son ensemble ne saurait justifier de telles modifications. Mais les renards se nourrissent presque exclusivement de lapins de garenne, et ces lapins n’ont pour ainsi dire pas d’autre ennemi naturel; une fois qu’on a saisi ce fait, la relation entre les deux espèces fournit une explication satisfai­sante d’un phénomène qui sans cela resterait mystérieux. On peut en effet constater un cycle identique chez les lapins à cela près que le sens de l’augmentation et de la diminution de leur nombre est inversé : plus nombreux sont les renards, plus élevé est le nombre de leurs victimes parmi les lapins; la nourriture finit par se faire très rare. Le nombre des renards décroît ce qui donne aux lapins survivants une chance de se multiplier et de recommencer à prospérer en l’absence virtuelle de leurs ennemis. Lorsque les lapins prolifèrent à nouveau, les renards à leur tour peuvent survivre et se multiplier, et ainsi de suite. »

 

[P. Watlawick, J. Helmich-Beavan, D. Jackson, Une logique de la communication, 1967, I‑I, Points essai Seuil p 13]

 
 

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