Cicéron (Marcus Tullius dit…) 106-43 av. J.-C. [01] Un exemple d’univers « anthropocentré » et « théocentré ». Le règne des causes finales. [raison réel]

Publié le par Maltern

Cicéron (Marcus Tullius dit…) 106-43 av. J.-C. [01]  Un exemple d’univers « anthropocentré » et « théocentré ». Le règne des causes finales. [raison réel, religion]

 

« Quand nous voyons la beauté resplendissante du ciel, ensuite la rapidité, si grande qu’elle dépasse notre entendement, de ses révolutions, puis l’alternance des jours et des nuits, le partage du temps en quatre saisons, dont le changement est combiné de façon à mener à maturité les récoltes et à maintenir l’équilibre de l’organisme, le soleil, régulateur et guide de tous ces mouvements, la lune dont la lumière s’accroît et décroît comme pour marquer et signaler les jours du calendrier, puis les cinq planètes qui se déplacent avec rapidité sur un même cercle [...], le cadre du ciel des nuits paré d’astres de toutes parts; quand nous voyons le globe de la terre dressé au‑dessus de la mer, fixe au point central du monde entier, habitable et cultivé [...] où on voit invariablement, quand la saison est venue, le ciel briller, les arbres se couvrir de feuillage, la vigne enchanteresse épandre ses branches, les branches se courber sous le fardeau des fruits, les champs prodiguer les céréales, tout fleurir, les fontaines jaillir, les prés se tapisser de gazon.

 

Quand nous voyons une multitude d’animaux, les uns faits pour nous nourrir, les autres pour cultiver nos champs, d’autres pour nous traîner, d’autres pour nous vêtir, et enfin l’homme lui­-même dont la fonction, pour ainsi dire, est de contempler le ciel et d’honorer les dieux, tandis que les terres et les mers sont au service de ses besoins; quand, dis‑je, on voit de ses yeux ces merveilles et mille autres spectacles semblables, peut‑on douter de l’existence d’un être dont la direction s’étend à toutes choses et qui est, si elles ont eu un commencement, comme le croit Platon, le créateur, si elles ont toujours existé, comme le veut Aristote, l’administrateur de ce bâtiment, de ce monument grandiose ? »

 

 

 

[Cicéron, Œuvres philosophiques, tome 1, XXVIII, Paris, Les Belles Lettres, 1960.]

 

 

 

Publié dans 08 - LA CULTURE

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