DOC- Sur l’Esprit de résistance à l’occasion de la journée de célébration de la Résistance.

Publié le par Maltern

DOC- Sur l’Esprit de résistance à l’occasion de la journée de célébration de la Résistance.

 

            Nous mettons à votre disposition un certain nombre de textes de résistants qui invitent à une réflexion sur la Résistance. Certains comme ceux de Camus ou Sartre sont des textes philosophiques. Les autres ont valeur de témoignage et de document et invitent à pratiquer une « lecture philosophique ».Ceux des poètes sont d’une charge réflexive et humaniste forte. René Char a eu cette formule superbe : «  A chaque défaite de la raison, le poète répond par une salve d’espoir ».

 

            En ce qui concerne les autres questions directement philosophiques des rapports a/ entre l’histoire et de la mémoire b / le pouvoir et les stratégies mémorielles, c /  et le problème de la vérité élaboré par l’historien (les limites de l’objectivité, les relations de l’histoire avec la morale, l’idéologie et la fabrique du lien social) nous y reviendrons dans un dossier en cours de fabrication. Il s’appuie sur les échanges de vues souvent polémiques de la récente décision prise par la présidence de la république d’intervenir au sein de l’école en instituant une journée annuelle de célébration avec la lecture de la lettre de Guy Môquet.

Si la mémoire de la Résistance et les modalités de son usage ont suscités tant de résistances… il faut donc tenter de comprendre ce qui est mis en jeu dans ces réactions et parfois ces réflexions. C’est sans doute une des taches qui revient à la réflexion de type philosophique de séparer l’essentiel de l’accessoire, le fondateur de l’anecdotique, ce qui fait sens de ce qui fait mouche ou touche.  

 


 

Les lycéens de Buffon résistants et fusillés en 1943 :  Jean-Marie Arthus (15 ans en 1940), Jacques Baudry (18 ans), Pierre Benoît (15 ans), Pierre Grelot (17 ans) et Lucien Legros (16 ans). Arrêtés le 15 octobre 1942 pour actes de résistance ils sont fusillés le 8 février 1943, vers 11 heures du matin, au stand de tir d’Issy-les-Moulineaux. On pourra lire leurs dernières lettres et leur histoire de jeunes gens simples, devenus résistants « simplement », ce qui les mène à la mort. [sous Word]

 


La lettre de Guy Môquet celle d’Henri Fertet et 11 textes de Résistants : [parus au BOEN n° 30 du 30/08.2007]  On y trouve en particulier la lettre à ses parents de Henri Fertet  jeune lycéen de Victor-Hugo à Besançon fusillé le 26 septembre 1943. Des textes sur les jeunes résistants allemands, le fameux poème d’Aragon : la Rose et le Réséda et celui de René-Guy Cadou : Les fusillés de Chateaubriant. Cadou instituteur dans un village voisin, a croisé en vélo le camion des otages qui vont être fusillés à la Sablière. Les poèmes de son recueil Pleine Poitrine (1945) s’ancrent dans cet épisode tragique.

  



~René Char [03] sur l’ Esprit de la Résistance : « Mais, s’il vous plaît, qu’à tous ces bras avides de construire des images de bon vouloir on ne tende pas que des fantômes... » Ce sont les derniers mots d’un texte de René Char écrit et lu en août 1946 à la radio: La liberté passe en trombe. Face à un imaginaire de la Résistance, construit pour servir l’une ou l’autre cause, et parfois l’une et l’autre… Char en poète, tente de dévoiler l’esprit réel de l’époque. Nous avons joint quelques textes choisis des Feuillets d’Hypnos, carnets tenus par le poète pendant la Résistance et autant de portraits de résistants, et des notes sur le maquis tirées de la Recherche de la base et du sommet, publiée en 1955.

 



Camus Albert [02] qu'est-ce qu'un homme révolté ? : Paru en 1951.

Camus : qu’est-ce qu’un homme révolté ? 1951 : « Le révolté au : sens étymologique, fait volte face. Il marchait sous le fouet du maître. Le voilà qui fait face. Il oppose ce qui est préférable à ce qui ne l'est pas. » Camus, lui-même résistant et rédacteur du journal Combat à la libération, analyse la révolte comme moteur de l'Histoire. L’ouvrage ouvrira un débat avec la conception marxiste de la révolution en particulier avec Sartre, qui se résume dans cette formule : « Alors quand la révolution, au nom de la puissance de l'Histoire devient une mécanique meurtrière et démesurée, une nouvelle révolte devient sacrée au nom de la mesure et de la Vie ».

 


Sartre [A01] LA RÉPUBLIQUE DU SILENCE : « Jamais nous n’avons été plus libres que sous l’occupation allemande ». : Dans cet article de septembre 1944 Sartre tente de faire comprendre ce qu’est l’Esprit de la Résistance en France pendant la dernière guerre. Sous une formule paradoxale une très belle approche de la liberté comme engagement.

 


 

"Guy Môquet, Sarkozy et le roman national" : Dans la revue l’histoire le point de vue critique d’un historien spécialiste de la période.
http://www.histoire.presse.fr/archives/azema323.asp
 « A faire un usage politique de l’histoire, on s’expose à quelques mises au point historiques. Jean-Pierre Azéma réagit à la demande faite par Nicolas Sarkozy au mois de mai dernier que tous les enseignants lisent à leurs élèves, le 22 octobre, la lettre de Guy Môquet. »

 


 
"La double OPA sur Guy Moquet" : une émission de la série Du grain à moudre du 22 octobre réunissant Olivier Wieviorka, Frank Liaigre, et Henry Rousso. La présentation indique les arguments développés dans l’émission : Pierre Nora le remarquait, dans ses fameux « Lieux de mémoire » : la manie commémorative progresse à mesure que notre connaissance de l’histoire recule. Plus nous commémorons, plus nous croyons savoir – alors qu’au contraire, nous sommes victimes d’insidieuses propagandes mises en œuvre par les « stratégies mémorielles ». L’affaire de la lettre de Guy Môquet en vient apporter une nouvelle et cruelle illustration. »
Pour écouter l’émission  [audio]

 


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