Problème, problématique ? mise au point

Publié le par Maltern

Problème / problématique ?

 

« De moins en moins de problèmes, de plus en plus de solutions, ce destin niveleur n’est pas celui de la philosophie »

(H Grenier, La connaissance philosophique. P 134)

 

Ces quelques propos pour répondre à certaines questions que certains m’ont posé mais qui concernent tout le monde… C.Me.

 

 

Qu’il s’agisse de dissertation ou de commentaire : le questionnement, le problème, et l’enjeu sont liés.

 

1 - La question au singulier (celle du sujet qui est proposé, et qui renvoie à au moins deux notions… mais qui doit être comprise globalement… attention à « l’atomisation »)

 

2 – … Qu’il faut questionner en formulant des questions  (c’est à moi de trouver les questions « pertinentes ») →   ouverture

 

3 – …C’est ce qui constitue une problématique (l’ensemble de ces questions forme un tout, elle sont liées entre elles) →  cohérence

 

4 / … Laquelle problématique présente certains « enjeux » (plus ou moins importants et vitaux, qu’il s’agisse de mon existence, ou de la société) →  être conséquent

 

 

Dans la dissertation : construire la problématique en menant le questionnement

Dans l’explication ou le commentaire : commentaire chercher la problématique (explicite ou implicite) qu’il contient.

 

 

► Questions, difficultés, problème .... appelons les choses par leur nom

 

Toute question n’est pas problème. Dans la vie quotidienne nous nous posons des questions qui ont des réponses simples et évidentes même si on les ignore, il nous suffit de nous renseigner et d’apprendre. Ex : chercher un numéro de téléphone, un renseignement horaire etc.

 

Le problème commence quand il y a un obstacle à trouver la réponse : il existe une difficulté à trouver la réponse (manque d’éléments pour le policier qui enquête, ou le médecin qui diagnostique) et qu’il faut suivre ou inventer une méthode pour la trouver. On peut ne pas trouver la bonne réponse à un problème de maths, ou l’enquête policière peut demeurer une énigme cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de réponse ou de criminel.

 

En un autre sens il y a problème quand il y a plusieurs solutions possibles : c’est le cas des problèmes moraux que l’on tranche après réflexion et débat personnel en s’engageant en fonction de valeurs (justice, amour du prochain etc.)

 

Et enfin il peut y avoir problème quand on se pose une question sans solution immédiate, mais que l’on maintient que la question reste pertinente (certains problèmes scientifiques ou techniques sont restés sans solutions pendant des siècles) ou qu’elle s’impose à nous : problèmes " existentiels."

 

 

► Pourquoi problématiser ne va pas de soi ?

 

- N’avons-nous pas tendance par abus de langage à appeler problème ce qui n’est que difficulté ? J’ai un problème ou une difficulté ?

- N’avons-nous pas tendance à « évacuer » en les taxant de « faux problèmes » les questions auxquelles nous ne pouvons apporter de réponse immédiate ou de réponse technique ou scientifique ? Voire,  à taxer de  « faux problèmes » de simples difficultés ayant réponse,  mais qui nous demanderaient des engagements jugés trop pénibles ? Dans ce cas il y a mauvaise foi.

- Existe-t-il des problèmes éternels et d’autres qui nous sont posés ici et maintenant par  des évolutions techniques et sociales ?

- Devons-nous maintenir comme problème ce qui demeure sans solution évidente ?

 

► Se poser des problèmes et les formuler clairement : lus qu’un préalable à la réflexion, c’est le nerf et l’étoffe de la réflexion.

 

Y a-t-il des pensées qui ne soient pas des réflexions ? Bien sûr… si j’expose une opinion je peux le faire bien ou mal. Etre clair ou confus, déformer ou oublier mais il ne s’agit pas de construire un problème. Ex. c’est de l’information et pas de la réflexion. Une dissertation se sert de l’information et doit le faire (des références) mais elle n’est pas un travail d’information sans plus.

 


 

 

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