Mémo - Platon : Hippias Majeur, sur le beau

Publié le par Maltern



Hippias Majeur ( sur le Beau) est un dialogue de jeunesse de Platon. C'est une superbe réflexion sur le Beau et qui ouvre des problématiques nombreuses, dans une tentative de définition qui finit par échouer, mais chaque définition est une doxa sur le Beau qui donne lieu à des contradictions. Superbe chasse à l'idée, recherche de ce qui constitue l'Essence d'une valeur au-delà de des apparences. C'est une leçon de réflexion en acte. Un découpage du texte qui met en valeur ses arguments "pas à pas".

Mémo Platon : Hippias Majeur (sur le Beau) :
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Notions du programme mises en jeu :

- L'art (et le Beau)

- La raison et le réel (théorie des Idées, Idéalisme)

- La matière et l'esprit (spiritualité du Beau)

- La vérité

- La morale (liaison ou séparation beau/bien)





Un dialogue "aporétique" pas de réponse ou recette claire, soit, mais on aboutit à une « ignorance savante ». Mieux vaut savoir qu'on ne sait pas qu'ignorer et croire savoir » (Apologie) L'ignorance reconnue vaut mieux que l'illusion.

 

Ne sera frustré que celui qui croit qu'il y a des réponses à tout, et ignore que le fait de penser c'est justement le fait d'inventer des réponses. (Posséder le vrai ou le rechercher) Un dialogue entre la subtilité et l'arrogance, toujours ironique. Philosophie (= philos = tension vers, amitié de la vérité-sagesse # possession de la vérité] Pensée aporétique, critique, anti-dogmatique proche de la modernité plutôt que de l'absolu des « classique » [Descartes]. Il ne s'agit pas de « déconstruction » non plus. Un dialogue socratique, d'enquête, les dialogues de la maturité de Platon seront plus dogmatique, le système sera construit.

 

Ce qui est gagné : une exploration du beau en fonction de l'harmonie, de l'avantageux (bien) du plaisir. Une esquisse du beau comme expression de l'ordre, harmonie, rationalité : proportion. Ce n'est pas ce qui « frappe » ou émeut mais ce qui rend serein ( La science rassure l'art inquiète ? ) Le Beau comme dépassement vers le Bien : harmonie immanente aux choses, Bien transcendant. Dépassement de « l'esthétique » vers le moral, du sensible vers l'intelligible. Une « expérience sensible » qui ouvre vers une "expérience" d'un autre ordre. Une recherche sur le beau « insaisissable ». Des « idoles » à « l'idée », des images sensibles à la contemplation qui dépasse ce sensible.

 

Voir les suites de cette approche : Le Banquet Diotime et l'instruction amoureuse « des beaux corps » à la Beauté absolue. Dans le Banquet ce n'est plus la recherche d'une définition mais un itinéraire de « conversion » : de l'oeil du corps à l'oeil de l'âme.

 

Hippias et l'esthétique : depuis le 18ème et Kant, le Beau n'est plus dans les choses ou dans une idée, mais dans le « jugement » de goût, disparition des modèles du beau classique des « règles du beau » voir le théâtre. Or pour Socrate il y a un beau indépendant du jugement, variable et contradictoire et des choses belles. C'est une réalité en soi. Pas une affaire de goût subjective : une affaire d'harmonie et proportion. Remarquer que les exemples ne sont pas pris dans les beaux arts (sauf la statue de Phidias) mais dans la nature (jeune fille, cavale, athlète) la matière (or, marbre) les produits de la technique (cuiller) et surtout l'art de la politique qui organise la cité : lois, moeurs, habitudes. Une absence de l'œuvre d'art dans une réflexion sur la Beauté : la nature est le modèle et l'art une simple technique d'imitation de la nature [mimésis]. L'homme qui crée, l'artiste n'est pas une référence, il est artisan et non génie libre et ivre de liberté comme chez les modernes. Homme d'ordre qui garde l'oeil sur un modèle qu'il tente de chercher.



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