Lucrèce 37 vmc : Le matérialisme d'Epicure nous a libéré des dieux [De Natura]

Publié le par Maltern

Lucrèce 37 : Le matérialisme d'Epicure nous a libéré des dieux [De Natura]

98-55 av J.-C.

* Éloge d'Épicure dont le matérialisme nous aurait libéré de la crainte des dieux.


[Contrairement aux stoïciens, les matérialistes antiques estiment que la religion est une aliénation, source de terreur, d'oppression, et de superstition, Lucrèce rend hommage à Epicure, [Voir Lettre à Ménécée)]


« Alors qu'aux yeux de tous l'humanité traînait sur terre une vie abjecte, écrasée sous le poids d'une religion dont le visage, se montrant du haut des régions célestes, menaçait les mortels de son aspect horrible, le premier un Grec, un homme, osa lever ses yeux mortels contre elle, et contre elle se dresser. Loin de l'arrêter, les fables divines, la foudre, les grondements menaçants du ciel ne firent qu'exciter davantage l'ardeur de son courage, et son désir de forcer le premier les portes étroitement closes de la nature. Aussi l'effort vigoureux de son esprit a fini par triompher; il s'est avancé loin au-delà des barrières enflammées de notre univers; de l'esprit et de la pensée il a parcouru le tout immense pour en revenir victorieux nous enseigner ce qui peut naître, ce qui ne le peut, enfin les lois qui délimitent le pouvoir de chaque chose suivant des bornes inébranlables. Ainsi la religion est à son tour renversée et foulée aux pieds, et nous, la victoire nous élève jusqu'au ciel. »

 [Lucrèce, De la Nature (v. 55), Livre I, vers 62-79,Gallimard, « Tel »1997, pp. 23-24.]


BP : Lucrèce [01]

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