Descartes René vmc 57 (3) Rationalisme cartésien : Le Discours de la méthode. [Disc. Ext. Longs 3] 1596-1650 [1637]

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Descartes René 55 (3) Rationalisme cartésien : Le Discours de la méthode s. [Disc. Ext. Longs]

1596-1650 [1637]

Discours de la méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences.

 

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PREMIÈRE PARTIE


Le Bon sens également réparti en tout homme...

La Méthode un exemple proposé et qui a fait ses preuves.

Déceptions face à la culture des livres, désir de penser par soi-même

Aucune connaissance scolaire ne satisfait l'exigence de vérité absolue

Critique de l'ancienne philosophie

Recours au " grand livre du monde ", aux gens d'expérience. Relativisme et déception. Le retour sur soi.


DEUXIÈME PARTIE


Un moment déterminant de crise intellectuelle...

L'unité de la science : le paradigme de l'architecte... être seul "auteur" de sa pensée

Comment s'est formée la méthode...

Les quatre règles de la Méthode.

Les maximes à observer pour vivre raisonnablement avant d'avoir fondé une morale rationnelle



QUATRIÈME PARTIE


L'épreuve du doute

Le moment du « cogito »

Nature de l'esprit et distinction des deux substances

L'évidence « actuelle » : critère de vérité et modèle de certitude

Première preuve de l'Existence de Dieu : raison suffisante de l'idée de parfait

Deuxième preuve par la contingence de l'homme qui possède l'idée de parfait

Troisième preuve : l'argument ontologique. L'idée de parfait contient l'existence

Remarques : connaître par les sens ou par l'entendement

Dieu : garant ultime de la vérité des idées claires et distinctes

Que le monde extérieur est connaissable : le problème de l'erreur 

 

CINQUIEME PARTIE

 


Eloge de la science appliquée et de la technique face au savoir spéculatif


 

 

CINQUIEME PARTIE

 

[Eloge de la science appliquée et de la technique face au savoir spéculatif]


[...] |[1]|| Mais, sitôt que j'ai eu acquis quelques notions générales touchant la physique, et que, commençant à les éprouver en diverses difficultés particulières, j'ai remarqué jusques où elles peuvent conduire, et combien elles diffèrent des principes dont on s'est servi jusques à présent, j'ai cru que je ne pouvais les tenir cachées sans pécher grandement contre la loi qui nous oblige à procurer autant qu'il est en nous le bien général de tous les hommes : car elles m'ont fait voir qu'il est possible de parvenir à des connaissances qui soient fort utiles à la vie; et qu'au lieu de cette philosophie spéculative qu'on enseigne dans les écoles, on en peut trouver une pratique, par laquelle, connaissant la force et les actions du feu, de l'eau, de l'air, des astres, des cieux, et de tous les autres corps qui nous environnent, aussi distinctement que nous connaissons les divers métiers de nos artisans, nous les pourrions employer en même façon à tous les usages auxquels ils sont propres, et ainsi nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature. Ce qui n'est pas seulement à désirer pour l'invention d'une infinité d'artifices, qui feraient qu'on jouirait sans aucune peine des fruits de la terre et de toutes les commodités qui s'y trouvent, mais principalement aussi pour la conservation de la santé, laquelle est sans doute le premier bien et le fondement de tous les autres biens de cette vie; car même l'esprit dépend si fort du tempérament et de la disposition des organes du corps, que, s'il est possible de trouver quelque moyen qui rende communément les hommes plus sages et plus habiles qu'ils n'ont été jusques ici, je crois que c'est dans la médecine qu'on doit le chercher. Il est vrai que celle qui est maintenant en usage contient peu de choses dont l'utilité soit si remarquable : mais, sans que j'aie aucun dessein de la mépriser, je m'assure qu'il n'y a personne, même de ceux qui en font profession, qui n'avoue que tout ce qu'on y sait n'est presque rien à comparaison de ce qui reste à y savoir; et qu'on se pourrait exempter d'une infinité de maladies tant du corps que de l'esprit, et même aussi peut-être de l'affaiblissement de la vieillesse, si on avait assez de connaissance de leurs causes et de tous les remèdes dont la nature nous a pourvus.

Or, ayant dessein d'employer toute ma vie à la recherche d'une science si nécessaire, et ayant rencontré un chemin qui me semble tel qu'on doit infailliblement la trouver en le suivant, si ce n'est qu'on en soit empêché ou par la brièveté de la vie ou par le défaut des expériences, je jugeais qu'il n'y avait point de meilleur remède contre ces deux empêchements que de communiquer fidèlement au public tout le peu que j'aurais trouvé, et de convier les bons esprits à tâcher de passer plus outre, en contribuant, chacun selon son inclination et son pouvoir, aux expériences qu'il faudrait faire, et communiquant aussi au public toutes les choses qu'ils apprendraient, afin que les derniers commençant où les précédents auraient achevé, et ainsi joignant les vies et les travaux de plusieurs, nous allassions tous ensemble beaucoup plus loin que chacun en particulier ne saurait faire. »

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 [Descartes, Discours de la méthode, 1637]



|[1]|| La Technique - Comme maître et possesseur de la nature, d'une science spéculative à une science appliquée

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