Descartes 64 vmc+ : Les idées innée [à Elisabeth]

Publié le par Maltern

Descartes 64 : Les idées innée [à Elisabeth]

1596-1650 [1643]

* Les notions primitives ou idées innées qui existent en notre esprit indépendamment de toute expérience.

 

[L'analyse du « morceau de cire » nous montre que c'est l'esprit qui juge et non l'expérience sensible seule qui nous fait savoir ce qu'est une chose. Le rationalisme cartésien présuppose également qu'il existe des idées innées qui fondent le savoir.]


« Premièrement, je considère qu'il y a en nous certaines notions primitives, qui sont comme des originaux, sur le patron desquels nous formons toutes nos autres connaissances. Et il n'y a que fort peu de telles notions; car, après les plus générales, de l'être, du nombre, de la durée, etc., qui conviennent à tout ce que nous pouvons concevoir, nous n'avons, pour le corps en particulier, que la notion de l'extension, de laquelle suivent celles de la figure et du mouvement; et pour l'âme seule, nous n'avons que celle de la pensée, en laquelle sont comprises les perceptions de l'entendement et les inclinations de la volonté; enfin, pour l'âme et le corps ensemble, nous n'avons que celle de leur union, de laquelle dépend celle de la force qu'a l'âme de mouvoir le corps, et le corps d'agir sur l'âme, en causant ses sentiments et ses passions.

Je considère aussi que toute la science des hommes ne consiste qu'à bien distinguer ces notions, et à n'attribuer chacune d'elles qu'aux choses auxquelles elles appartiennent.

Car, lorsque nous voulons expliquer quelque difficulté par le moyen d'une notion qui ne lui appartient pas, nous ne pouvons manquer de nous méprendre; comme aussi lorsque nous voulons expliquer une de ces notions par une autre; car, étant primitives, chacune d'elles ne peut être entendue que par elle-même. »


[Descartes, Lettre à Élisabeth, 21 mai 1643, Pléiade, 1966, pp. 1152-1153.]

BP : Descartes [21]


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