Diderot 116 vmc : L'attitude du croyant et l'esprit d'examen [Encyclopédie]

Publié le par Maltern

Diderot 116 : L'attitude du croyant et l'esprit d'examen [Encyclopédie]

1713-1784 [1751-1772]

[Croire et savoir [Encyclopédie]]


« [Croire]. C'est être persuadé de la vérité d'un fait ou d'une proposition ou parce qu'on ne s'est pas donné la peine de l'examen, ou parce qu'on a mal examiné, on parce qu'on a bien examiné. Il n'y a guère que le dernier cas dans lequel l'assentiment puisse être ferme et satisfaisant. Il est aussi rare que difficile d'être content de soi, lorsqu'on n'a fait aucun usage de sa raison, ou lorsque l'usage qu'on en a fait est mauvais.

Celui qui croit, sans avoir aucune raison de croire, eût-il rencontré la vérité, se sent toujours coupable d'avoir négligé 1a prérogative la plus importante de sa nature, et il n'est pas possible qu'il imagine qu'un heureux hasard pallie l'irrégularité de sa conduite.

Celui qui se trompe, après avoir employé les facultés de son âme dans toute leur étendue, se rend â lui même le témoignage d'avoir rempli son devoir de créature raisonnable ; et il serait aussi condamnable de croire sans examen, qu'il le serait de ne pas croire une vérité évidente ou clairement prouvée.

On aura donc bien réglé son assentiment et on l'aura placé comme on doit, lorsqu'en quelques cas et sur quelque matière que ce soit, on aura écouté la voix de sa conscience et de sa raison. Si on eût agi autrement, on eût péché contre ses propres lumières, et abusé de facultés qui ne nous ont été données pour aucune autre fin que pour suivre la plus grande probabilité : on ne peut contester ces principes, sans détruire la raison et jeter l'homme dans des perplexités fâcheuses. »

[Diderot, Encyclopédie, Bac 2002, S]

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