Kant 122 vmc : Le « Je » transcendantal n’est pas substance mais activité de synthèse [C.R. Pure]

Publié le par Maltern

Kant 122 : Le « Je » transcendantal n’est pas substance mais activité de synthèse [C.R. Pure]

1724-1804 [1781 et 1787]

 

[Une critique de Descartes. Le « je pense » n’est pas une substance, une « chose qui pense » Mais une pure activité de synthèse de mes représentation. La conscience de soi n’est que la conscience de cette activité.]

 

« Le je pense doit <muss> pouvoir accompagner toutes mes représentations ; car autrement serait représenté en moi quelque chose qui ne pourrait pas du tout être pensé, ce qui revient à dire ou que la représentation serait impossible, ou que, du moins, elle ne serait rien pour moi. La représen­tation qui peut être donnée avant toute pensée sappelle intuition. Par conséquent, tout le divers de lintuition a un rapport nécessaire au je pense dans le même sujet où se rencontre ce divers. Mais cette représentation est un acte de spontanéité, cest-à-dire quon ne saurait la considérer comme appartenant à la sensibilité. Je la nomme aperception pure pour la distinguer de laperception empirique, ou encore aperception originaire parce quelle est cette conscience de soi qui, en produisant la représentation je pense, doit <muss> pouvoir accompagner toutes les autres, et qui, une et identique en toute conscience, ne peut être accompagnée daucune autre. Jappelle encore lunité de cette représentation lunité transcendantale de la conscience de soi, pour désigner la possibilité de la connaissance a priori qui en dérive. En effet, les diverses intuitions qui sont données dans une certaine intuition ne seraient pas toutes ensembles mes repré­sentations si elles nappartenaient pas toutes ensemble à une conscience de soi, cest-à-dire quen tant quelles sont mes représentations (quoique je nen aie pas conscience à ce titre), elles doivent pourtant être néces­sairement conformes à la condition qui, seule, leur permet dêtre grou­pées dans une conscience générale de soi, puisque autrement elles ne mappartiendraient pas entièrement. »

 

[Emmanuel Kant, Critique de la Raison Pure, Trémasaygues-Pacaud, PUF, 44, pp 110-113]


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