Kant 124 vmc : Les Idées de la raison ont un usage régulateur [C.R. Pure]

Publié le par Maltern

Kant 124 : Les Idées de la raison ont un usage régulateur [C.R. Pure]

1724-1804 [1781 et 1787]

 

[Si les Idées métaphysiques ne nous délivrent aucune connaissance elles règlent le travail de l’entendement. Elles conservent donc une utilité indispensable dans cet usage « régulateur » pour les progrès des connaissances, dans la mesure où elles prescrivent toujours plus d’unité systématique.].

 

« La raison ne se rapporte jamais directement à un objet, mais simple­ment à l’entendement et, par le moyen de celui-ci, à son propre usage empirique ; elle ne crée donc pas de concepts d’objets, mais elle se borne à les ordonner et elle leur fournit l’unité qu’ils peuvent avoir dans leur plus grande extension possible, c’est-à-dire par rapport à la totalité des séries, totalité que n’a jamais en vue l’entendement, qui ne s’occupe que de l’enchaînement par lequel des séries de conditions sont partout consti­tuées suivant des concepts. La raison n’a donc proprement pour objet que l’entendement et son emploi conforme à une fin ; et, de même que celui-­ci relie par des concepts le divers dans l’objet <im Object>, de même celle­-là, de son côté, relie par des idées le divers des concepts, en proposant une certaine unité collective pour but aux actes de l’entendement qui, sans cela, n’aurait à s’occuper que de l’unité distributrice.

Je soutiens donc que les idées transcendantales n’ont jamais d’usage constitutif qui fournisse à lui seul des concepts de certains objets, et que, dans le cas où on les entend ainsi, elles sont simplement des concepts sophistiques (dialectiques). Mais, en revanche, elles ont un usage régu­lateur excellent et indispensablement nécessaire : celui de diriger l’en­tendement vers un certain but qui fait converger les lignes de direction que suivent toutes les règles en point qui, pour n’être, il est vrai, qu’une idée (focus imaginarius), c’est-à-dire un point d’où les concepts de l’en­tendement ne partent pas réellement - puisqu’il est entièrement placé hors des bornes de l’expérience possible -, sert cependant à leur procurer la plus grande unité avec la plus grande extension. »

 

 [Emmanuel Kant, Critique de la raison Pure, Tard Trémesaygues/Pacaud, PUF, 44, pp. 453-54]


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