Kant [32] Les Idées de la Raison [Idées métaphysiques, transcendantales] ne font rien connaître mais elles règlent le travail de l’entendement. [Usage régulateur] (CRP)
Kant [32] Les Idées de la Raison [Idées métaphysiques, transcendantales] ne font rien connaître mais elles règlent le travail de l’entendement. [Usage régulateur] (CRP)
[Si les Idées métaphysiques ne nous délivrent aucune connaissance elles conservent par contre une utilité indispensable dans leur usage régulateur pour les progrès des connaissances, dans la mesure où elles prescrivent toujours plus d’unité systématique.].
« La raison ne se rapporte jamais directement à un objet, mais simplement à l’entendement et, par le moyen de celui-ci, à son propre usage empirique ; elle ne crée donc pas de concepts d’objets, mais elle se borne à les ordonner et elle leur fournit l’unité qu’ils peuvent avoir dans leur plus grande extension possible, c’est-à-dire par rapport à la totalité des séries, totalité que n’a jamais en vue l’entendement, qui ne s’occupe que de l’enchaînement par lequel des séries de conditions sont partout constituées suivant des concepts. La raison n’a donc proprement pour objet que l’entendement et son emploi conforme à une fin ; et, de même que celui-ci relie par des concepts le divers dans l’objet <im Object>, de même celle-là, de son côté, relie par des idées le divers des concepts, en proposant une certaine unité collective pour but aux actes de l’entendement qui, sans cela, n’aurait à s’occuper que de l’unité distributrice.
Je soutiens donc que les idées transcendantales n’ont jamais d’usage constitutif qui fournisse à lui seul des concepts de certains objets, et que, dans le cas où on les entend ainsi, elles sont simplement des concepts sophistiques (dialectiques). Mais, en revanche, elles ont un usage régulateur excellent et indispensablement nécessaire : celui de diriger l’entendement vers un certain but qui fait converger les lignes de direction que suivent toutes les règles en point qui, pour n’être, il est vrai, qu’une idée (focus imaginarius), c’est-à-dire un point d’où les concepts de l’entendement ne partent pas réellement - puisqu’il est entièrement placé hors des bornes de l’expérience possible -, sert cependant à leur procurer la plus grande unité avec la plus grande extension. »
[Emmanuel Kant, Critique de la raison Pure, Tard Trémesaygues/Pacaud, PUF, 44, pp. 453-54]