Kant [01] Hommage de Kant à Platon : en politique seules les « idées » peuvent guider et la morale n’a que faire des exemples.

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  Kant [01] Hommage de Kant à Platon : en politique seules les « idées » peuvent guider et la morale n’a que faire des exemples.


Faut-il que les Constitutions des états soient réalistes ou idéalistes ? Kant défend l’idéalisme en Politique et le projet de Platon dans sa forme. En matière de morale peut-on se fier aux exemples ? Hommage de Kant à Platon : en politique seules les « idées » peuvent guider. (CRP)
 
 
 

 

 
 
 

« La République de Platon est devenue proverbiale, comme exemple prétendu frappant d’une perfection imaginaire qui ne peut avoir son siège que dans le cerveau d’un penseur oisif. Mais il vaudrait bien mieux s’attacher davantage à cette idée et (là où cet homme éminent nous laisse sans secours) la mettre en lumière grâce à de nou­veaux efforts, que de la rejeter comme inutile, sous le très misérable et très honteux prétexte qu’elle est irréalisable. Une constitution ayant pour but la plus grande liber­té humaine fondée sur des lois qui permettraient à la liberté de chacun de subsister en même temps que la liberté de tous les autres (je ne parle pas du plus grand bon­heur possible, car il en découlerait de lui-même), c’est là au moins une idée néces­saire qui doit servir de base non seulement aux grandes lignes d’une constitution civile, mais encore à toutes les lois, et où il faut faire abstraction, dès le début, des obs­tades actuels, lesquels résultent peut-être moins véritablement de la nature humaine que du mépris que l’on a fait des vraies idées en matière de législation. En effet, il ne peut rien y avoir de plus préjudiciable et de plus indigne d’un philosophe que d’en appeler, comme le vulgaire, à une expérience prétendue contraire, alors que cette expérience n’aurait pas du tout existé si l’on avait fait, en temps opportun, ces insti­tutions basées sur les idées et si, à la place de ces idées, des concepts grossiers, juste­ment, parce qu’ils étaient tirés de l’expérience, n’étaient venus anéantir tout bon des­sein. Plus la législation et le gouvernement seraient conformes à ces idées : et plus les peines seraient rares : et il est tout à fait raisonnable d’affirmer (comme le fait Platon) que si la législation était pleinement d’accord avec ces idées, on n’aurait plus besoin d’aucune peine. Or, bien que ceci ne puisse jamais se produire, l’idée, cependant, est tout à fait juste qui prend ce maximum comme archétype et se règle sur lui pour rap­procher toujours davantage la constitution légale des hommes de la plus grande per­fection possible. En effet, quel peut être le plus haut degré auquel l’humanité doit s’arrêter et combien grande peut être par conséquent la distance qui subsiste néces­sairement entre l’idée et sa réalisation, personne ne peut et ne doit le déterminer, pré­cisément parce qu’il s’agit de la liberté, qui peut dépasser toute limite assignée. »

 
  [Emmanuel Kant, Critique de la raison pure,]
 

 

 
 
 

 

 

 

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Publié dans 21- LA POLITIQUE

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