♎Socrate dernières paroles : « Criton, nous devons un coq à Esculape. Payez cette dette, ne soyez pas négligents. » Comment interpréter ? Nietzsche et M. Conche (Phédon 114d) [Interprétation]
♎ Socrate dernières paroles : « Criton, nous devons un coq à Esculape. Payez cette dette, ne soyez pas négligents. » Comment interpréter ? Nietzsche et M. Conche (Phédon 114d) [Interprétation]
[Esculape, dieu guérisseur, est fils d’Apollon. Il est le patron des médecins. L’interprétation traditionnelle des dernières paroles de Socrate est que Socrate veut sacrifier un coq à ce dieu pour le remercier de l’avoir guéri de la vie. C’est celle de Nietzche. Mais on peut interpréter différemment. F. Cumont (« A propos des dernières paroles », p. 124) remarque que le coq, animal consacré à Esculape, possède une puissance apotropaïque (un pouvoir d’écarter le malheur) étendue au delà de la mort. Mais peut être le dieu a-t-il plutôt mérité cette offrande en sauvant le raisonnement et en assurant le succès de l’examen dialectique, explication qui a le mérite de s’appuyer sur l’ensemble du dialogue (R. Minadeo, « Socrates’debt », p. 297). Une chose est sûre : Socrate dit « nous devons », et non pas « je dois ». De quoi Esculape nous a-t-il guéris ? D’une vie vécue en union avec cette « chose insensée » qu’est le corps ? De la misologie (haine du discours raisonnable, de la réflexion) ? Ce qui finalement revient au même, puisque en n’étant pas misologue, c’est être philosophe.]
Le texte de Platon
Mort de Socrate (février ou mars 399 av.J.-C.)
[Phédon 114d-118a, De l’immortalité de l’âme]
« Concluons, Simmias : c’est exactement pour ces raisons (celles que je viens d’exposer) qu’il faut tout mettre en oeuvre pour, en cette vie, participer à l’excellence et à la pensée : le prix à remporter est beau et l’espérance noble. Certes, prétendre à toute force qu’il en va exactement comme je viens de le dire, cela ne convient pas à un homme qui a quelque intelligence. Mais qu’il en aille ainsi, ou à peu près ainsi, de nos âmes et de leurs séjours- si du moins l’âme est vraiment une chose immortelle - voilà au contraire, me semble-t-il, ce qu’il convient de soutenir, voilà le risque que doit courir celui qui croit qu’il en est ainsi. Car c’est un risque qui vaut la peine d’être couru. Et tout cela, il faut en faire pour soi même comme une incantation - c’est bien pourquoi d’ailleurs, depuis un bon moment, je n’en finis pas avec ce mythe. Pour toutes ces raisons, donc, il doit avoir confiance en ce qui regarde son âme, l’homme qui, sa vie durant, a congédié les plaisirs que le corps procure comme tout ce qui sert à le parer et l’arranger, envoyant promener tout cela comme autant de préoccupations qui lui sont étrangères et dont il pense qu’elles font finalement plus de mal que de bien. Au contraire, les plaisirs et les soins liés au fait d’apprendre, c’est à eux qu’il a consacré tous ses efforts; l’arrangement qu’il a donné à son âme [1], ce n’est pas une parure étrangère, c’est son arrangement à elle j’entends par là modération, justice, courage, liberté, vérité[2] . C’est ainsi qu’un tel homme attend calmement son voyage vers l’Hadès, prêt à le faire quand le destin l’appellera. Pour chacun d’entre vous, dit il, Simmias, Cébès et tous les autres, ce voyage est remis à plus tard, à un moment qu’on ne connaît pas. Mais moi, pour parler comme un personnage de tragédie, c’est maintenant, déjà, que le destin m’appelle! D’ailleurs, ce doit être à peu près l’heure de prendre mon bain; car j’aime mieux m’être lavé avant de boire le poison, pour ne pas donner aux femmes la peine de laver un cadavre. »
Quand il eut fini de parler, Criton intervint : «Très bien, Socrate, dit-il. Mais quelles instructions as tu à nous donner, à eux ou à moi, au sujet de tes enfants ou de quoi que ce soit d’autre ? Tout ce que nous pourrons faire pour toi, c’est avec la plus grande joie que nous le ferons.
- Mais tout simplement, Criton, dit il, ce que je n’ai jamais cessé de vous dire, rien d’autre ! C’est en ayant souci de vous mêmes que tout ce que vous pourrez faire procurera de la joie, à moi et aux miens, et à vous aussi, même si à présent vous ne prenez pas d’engagement. Mais si vous n’avez pas souci de vous-mêmes, si vous n’acceptez pas de vivre en suivant, comme à la trace, ce que nous avons dit aujourd’hui et dans le passé, alors, même si vous aviez pris tous les engagements possibles, en y mettant, dans la circonstance présente, toute l’intensité possible, vous n’en serez pas plus avancés [3] .
Eh bien, dit il, nous mettrons tout notre coeur à faire comme tu dis! Mais comment devrons nous t’ensevelir ?
Comme vous voudrez, dit Socrate. A condition du moins que vous réussissiez à m’attraper, et que je ne vous échappe pas ! »
En disant cela, il se mit à rire doucement, et, regardant de notre côté, il ajouta : « Non, je n’arrive pas à persuader Criton, mes amis, que moi, je suis ce Socrate qui dialogue avec vous à cet instant, et qui essaie d’assigner à chacun de ses énoncés la place requise par l’ordre du discours. Il s’imagine que moi, je suis celui d qu’il verra dans peu de temps, ce cadavre, et alors il demande comment m’ensevelir, moi. Quant à tout ce que, moi, j’ai bien pu faire comme discours, et depuis un bon moment - disant qu’après avoir bu le poison, je ne resterai plus auprès de vous mais je partirai, m’en allant vers certaines félicités qui sont celles des bienheureux - tout cela est pour lui, je crois, paroles en l’air, une histoire que je vous racontais pour vous consoler, vous, et moi en même temps. Soyez donc mes garants auprès de Criton, dit il, mais garantissez lui le contraire de ce qu’il garantissait à mes juges : lui jurait que je resterais [4] , mais vous, jurez que je ne resterai pas, et portez vous garants au contraire qu’une fois mort, je partirai, je m’en irai. Ainsi ce sera plus facile à supporter pour Criton, et, en voyant brûler ou enterrer mon corps, il n’ira pas s’indigner en pensant qu’on me fait subir d’horribles traitements, ni dire pendant la cérémonie que c’est Socrate qui est exposé ou dont il suit le convoi, ou qu’il porte en terre. Car il faut que tu saches ceci, excellent Criton : ne pas parler comme il convient constitue non seulement une faute de mesure par rapport à ce qui est ici en question, Mais cela fait aussi du mal aux âmes. Allons : il faut avoir confiance. I1 faut dire que ce que tu ensevelis, c’est mon corps, et l’ensevelir comme il te plaira, et de la manière que tu jugeras la plus conforme aux usages.»
Sur ces mots, il se leva et alla dans une autre salle pour s’y baigner. Criton le suivit et nous pria d’attendre. Nous attendions donc, parlant entre nous de ce qui s’était dit et reprenant l’examen, mais, par moments, nous recommencions à nous étendre sur la grandeur du malheur qui nous frappait : cela, pensions nous, revenait purement et simplement à perdre notre père, et à être orphelins tout le reste de notre vie. Quand Socrate se fut baigné, on lui apporta ses enfants (il avait deux fils encore petits, et un autre déjà grand[5]), puis les femmes de sa famille arrivèrent. II s’entretint avec elles en présence de Criton et leur fit part de ses dernières volontés. Ensuite, il dit aux femmes et aux enfants de s’en aller, et revint alors auprès de nous. Le soleil était déjà près de se coucher, car Socrate avait passé beaucoup de temps dans l’autre salle. Quand il entra, une fois lavé, il s’assit, et, après, il ne se dit plus grand-chose. Le serviteur des Onze arriva alors et, se tenant debout devant Socrate : « Socrate, dit il, à toi au moins je n’aurai pas à reprocher ce que je reproche aux autres : eux s’en prennent à moi et me maudissent quand je les invite, sur l’ordre des Magistrats, à boire le poison. Mais toi, j’ai déjà eu maintes fois l’occasion, durant tout le temps que tu as passé ici, de reconnaître que tu es le plus noble, le plus doux, le meilleur de tous ceux qui sont jamais venus en cet endroit. Et, même en ce moment, je sais bien que ce n’est pas à moi que tu t’en prends, mais à eux. Les responsables, en effet, tu les connais. A présent donc - car tu sais bien ce que je suis venu t’annoncer - adieu ! et essaie de supporter aussi facilement que tu pourras l’inévitable. » Puis, les larmes aux yeux, i! se détourna et s’éloigna. Socrate leva son regard vers lui : « A toi aussi, dit il, adieu! et nous, nous ferons comme tu dis. » Et, se tournant vers nous : « Que de courtoisie, dit il, chez cet homme! Pendant tout le temps que j’ai passé ici, il venait me voir, et parfois nous parlions ensemble; c’était le plus aimable des hommes. Et maintenant, avec quelle générosité il me pleure! Allons, Criton, obéissons lui, et qu’on apporte le poison, s’il est broyé; sinon, que l’homme qui en est chargé le fasse. »
Alors Criton : « Mais, Socrate, dit il, le soleil est toujours sur les montagnes, il n’est pas encore couché, semble t il. De plus, je sais que d’autres ont bu le poison fort longtemps après qu’on leur eut enjoint de le faire, et qu’ils ont d’abord bien mangé et bien bu certains même ont eu des rapports avec les personnes dont ils avaient envie. Ne te presse donc pas, il y a encore le temps. »
Socrate répondit : « Il est tout naturel, Criton, que ceux dont tu parles agissent de cette façon; ils croient sûrement y gagner quelque chose. Quant à moi, il est naturel que je ne fasse rien de semblable, car je ne crois pas a avoir rien à gagner en retardant le moment de boiresinon me couvrir de ridicule à mes propres yeux en me cramponnant à la vie et en l’économisant, alors qu’il n’en reste déjà plus. C’est assez maintenant, dit-il, fais ce que je te dis, rien d’autre. »
En entendant cela, Criton fit un signe à l’esclave qui se tenait tout à côté. L’esclave sortit et mit un certain temps avant de revenir, suivi de celui qui devait donner le poison et qui l’apportait tout broyé dans une coupe. Quand il vit l’homme, Socrate lui dit : « Très bien, mon ami, c’est toi qui t’y connais, que faut il faire ? - Rien d’autre, répondit il, qu’aller et venir après avoir bu jusqu’à ce que tu sentes une lourdeur dans les jambes; à ce moment, allonge toi : de cette façon, cela fera son effet. » En même temps, il lui tendit la coupe. Socrate la prit. Il fallait voir, Echécrate, avec quelle sérénité, sans un tremblement, sans changer de couleur, sans changer de visage! Mais, regardant l’homme par en dessous avec ses yeux de taureau, selon son habitude : « Qu’en dis tu ?fit il, si l’on offrait une libation à un dieu avec ce breuvage[6] ? Est ce permis, ou non ?
C’est que, Socrate, répondit l’autre, nous en broyons juste la quantité que nous croyons nécessaire de boire.
Je comprends, dit Socrate. Au moins, je suppose, est il permis et même obligatoirede faire aux dieux une prière pour que le sort soit favorable à ce changement de séjour, d’ici vers là bas. Telle est, donc ma prière, et puisse-t-il en être ainsi ! »
A peine avait il dit ces mots qu’il porta la coupe à ses lèvres et tout tranquillement, tout facilement, il la vida. Jusqu’à ce moment, nous avions, pour la plupart, réussi à nous retenir de pleurer; mais quand nous vîmes qu’il buvait, et qu’il avait bu : impossible ! Ce fut plus fort que moi, je laissai moi aussi couler mes larmes, à tel point que je dus me couvrir le visage pour pleurer sur moi-même - car ce n’était pas sur lui, mais sur mon propre sort que je pleurais, en comprenant quel ami j’allais perdre. Quant à Criton qui, encore plus tôt que moi, n’avait pu retenir ses larmes, il s’était dressé. Mais Apollodore qui, pendant tout le temps qui précédait, n’avait cessé de pleurer, se mit, à ce moment là, à rugir de douleur, à hurler son indignation, si bien qu’il n’y avait personne, de tous ceux qui étaient présents, dont il ne brisât le courage. A l’exception, bien entendu, de Socrate, qui dit :« Mais que faites vous donc ? Vous êtes vraiment étonnants! Enfin, si j’ai renvoyé les femmes, c’est surtout pour cette raison, pour éviter semblables fausses notes! Car j’ai entendu dire qu’il faut mourir avec des paroles de bon augure. Allons, restez calmes, et tenez bon. » Alors, pris de honte, nous réussîmes à nous retenir de pleurer. Quant à lui, il se mit à marcher de long en large, puis il nous dit que ses jambes s’alourdissaient; il se coucha sur le dos, comme le lui avait recommandé l’homme qui lui avait apporté le poison. Celui-ci, alors, lui palpa les bras et les jambes et continua à les examiner par intervalles; au bout d’un moment, il lui serra le pied avec force et lui demanda s’il sentait quelque chose. Socrate dit que non. Ensuite, l’homme en fit autant pour les chevilles et, à mesure qu’il remontait le long des jambes, il nous montrait ainsi que Socrate se refroidissait et devenait raide. Il continuait de le palper et dit que, lorsque le froid lui atteindrait le coeur, alors Socrate partirait. Déjà presque toute la région du bas ventre était froide; découvrant son visage (car il se l’était couvert), Socrate dit et ce furent là les derniers mots qu’il prononça : « Criton, nous devons un coq à Esculape. Payez cette dette, ne soyez pas négligents. »
- Bien sûr, fit Criton, ce sera fait. Mais vois si tu n’as rien d’autre à nous dire ? » A cette question, Socrate ne répondit plus rien; au bout d’un petit moment, il eut un soubresaut. L’homme lui découvrit le visage : Socrate avait le regard fixe. Voyant cela, Criton lui ferma la bouche et les yeux.
Voilà, Echécrate, ce que fut la fin de notre ami, d’un homme dont nous pouvons dire que, parmi tous ceux qu’il nous a été donné de connaître, il fut le meilleur, le plus sensé aussi et le plus juste. »
[Platon, Phédon, vers 383-382, Trad M. Dixsaut, GF p 303-309]
L’interprétation de Nietzsche (1844-1900)
« Socrate mourant. -J’admire la sagesse et le courage de Socrate en tout ce qu’il fit, dit... et ne dit pas. Ce démon d’Athènes amoureux et moqueur, ce charmeur de rats qui fit trembler et sangloter les plus impertinents jeunes hommes, n’était pas seulement le plus sage des bavards : il fut encore plus grand dans le silence. J’aimerais qu’il l’eût observé dans les derniers instants de sa vie… peut-être alors relèverait-il d’une classe d’esprit encore plus haute. Fût-ce la mort ou le poison ? la pitié ou la méchanceté ? … quelque chose au dernier moment lui délia la langue, et il dit : « O Criton, je dois un coq à Esculape. » Ce « dernier mot » ridicule et terrible signifie pour qui sait entendre : « Criton, la vie est une maladie ! » Est-ce possible, un homme tel que lui, un homme qui avait vécu joyeux et aux yeux de tous, comme un soldat, cet homme était un pessimiste ! Il n’avait fait toute sa vie que bonne mine à mauvais jeu ; il avait caché tout le temps son sentiment profond, son jugement suprême ! Socrate, Socrate a souffert de la vie ! Et il s’en est vengé par cet horrible où la piété se mêle au blasphème à voix discrète ! Fallait-il, de surcroît, qu’un Socrate se vengeât ? A-t-il manqué un grain de générosité à cette vertu surabondante ? Hélas, amis ! nous devons dépasser jusqu’aux grecs ! »
[Nietzsche, Le Gais savoir, § 340, 1881-1882, Idées Gallimard
L’interprétation de Marcel Conche
« Criton, nous devons un coq à Asclépios »au dieu guérisseur : tels sont les derniers mots de Socrate. De quoi, mourant, Socrate s’estime-t-il guéri ? De la vie ? Ou ce que je crois de la mort elle même ?
« Cette risible et terrible « dernière parole » signifie pour qui sait entendre: O Criton, la vie est une maladie! » Ainsi parle Nietzsche (Le gai savoir, § 340). Socrate serait un «pessimiste ». Il aurait fait « bonne contenance à l’égard de la vie », tout en dissimulant aux yeux de tous son « ultime jugement », radicalement négatif sur l’existence. Mais comment croire que celui que l’on a vu, pendant plus de trente ans, errer dans les rues, les places et les jardins d’Athènes, aborder en frère aîné les citoyens de sa ville pour les entretenir du beau et du bien, entrer dans les boutiques pour y prouver que l’âme vaut mieux que le corps, rendre visite aux politiques, aux poètes, aux artistes, pour éveiller en eux l’idée de la vraie sagesse, que cet homme, qui ne songeait qu’à rendre les hommes meilleurs parce qu’il les aimait, était un pessimiste ? Il aimait les hommes, il aimait la vie; bien plus: il était amoureux de la vie (et c’est pourquoi il n’avait nul besoin des valeurs illusoires que les hommes y ajoutent).
Mourant, « nous devons un coq à Asclépios », dit il. Car il ne meurt pas seul, mais, par Criton, Phédon et d’autres de ses fidèles, entouré et compris. II meurt au milieu des enfants de ce qu’il y a de meilleur en lui : des enfants de son âme. Asclépios est celui qui « a appris à ramener les morts du royaume des ombres » (Eschyle, Agamemnon, 1022 1024) ; il sait ressusciter les morts. Socrate et ses fidèles lui doivent un sacrifice, car la mort de Socrate n’est pas la mort de son âme: elle est exemptée de la mort. Elle vit plus que jamais en chacun de ceux qui sont autour de lui et dans leur communauté même. La mort qui est un mal est la mort solitaire, mais Socrate meurt heureux parce qu’il sait qu’il va revivre, en son essence même en cela seul qui, pour lui, compte vraiment, dans ceux pour qui il a vécu, qu’il a aimés. Car, certes, il ne pourrait pas voir la mort sous un jour si paisible, l’accueillir comme il fait, s’il n’aimait pas ceux qui l’aiment et en qui vivante est sa leçon. Mais leur amour est réciproque, et c’est pourquoi ils sont unis dans leur sacrifice au dieu. La clef de la nature et de la sagesse socratiques est l’amour. »
[Marcel Conche, Analyse de l’amour et autres sujets, 1997, Avant-propos, p 1-2]
Marcel Conche est professeur émérite à la Sorbonne spécialiste de philosophie antique.
[1] « arrangement » traduit « kosmos » qui veut dire aussi bien parure, fard, ( d’où cosmétique) qu’ordre résultant d’une proportion juste.
[2] Modération, justice, courage et sagesse (sophia) deviendront les vertus cardinales. Liberté et vérité « purifient » par récurrence les trois vertus, seule la pensée est vraiment libre et peut seule chercher le vrai.
[3] La seule chose qui rende heureux Socrate c’est qu’ils aient été modifiés par son attitude et ses paroles.
[4] Criton s’était porté garant auprès des juges que Socrate ne s’enfuirait pas de sa prison.
[5] Lamproclès est adolescent, Sophronisque et Ménexène sont petits. Xanthippe la femme de Socrate a un caractère difficiles : « « la plus difficile des épouses passées, présentes et avenir » dira Xénophon (Banquet, II,10) à tel point que les Cyniques en feront le symbolede l’épreuve imposée par le mariage au philosophe. Mais il faut remarquer qu’ici elle se conduit tout à fait normalement.
[6] Seul le fait qu’il assimile le pharmakon-poison à un bon remède explique ce souhait car il n’y a pas de pire sacrilège que d’offrir du poison aux dieux ! En grec le terme pharmakon désigne aussi bien le remède qui guérit, le philtre magique et le poison. Platon emploie ce terme sans jamais le préciser. L’ambiguité joue ainsi sur l’ensemble du dialogue : le poison qui tue le corps est aussi le remède qui délivre l’âme.