Kandinsky Wassily 1866-1944 [01] Au-delà du réalisme : Les couleurs induisent-elles des états ? Le vert, l’ennui et « l’esprit bourgeois… »

Publié le par Maltern

Kandinsky Wassily 1866-1944  [01] Au-delà du réalisme : Les couleurs induisent-elles des états ? Le vert, l’ennui et « l’esprit bourgeois… »

 
 
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 « La dissociation des significations littéraires et des signifiances purement plastiques invitait les artistes qui avaient décidé de ne plus reproduire le visible, mais, selon la formule lapidaire de Klee, de rendre visible, à élaborer un « langage des formes et des couleurs ». Cette formulation est de Kandinsky qui propose une véritable sémantique intuitive des effets colorés. Il note par exemple:

 
 
 

« De même qu’un tableau peint en jaune dégage toujours une chaleur spirituelle, ou qu’un tableau bleu semble trop froid (donc effet actif, car l’homme, élément de l’univers, a été créé pour le mouvement constant et peut‑être, éternel ), un tableau vert n’a qu’un effet d’en­nui (effet passif). La passivité est la propriété la plus caractéristique du vert absolu, cette propriété se « par­fumant » cependant d’une sorte d’onction, de conten­tement de soi. C’est pourquoi, dans le domaine des couleurs, le vert correspond à ce qu’est, dans la société des hommes, la bourgeoisie : c’est un élément immo­bile, content de soi, limité dans toutes les directions. »

 
 
 

On imagine aisément que Kandinsky ne peignit guère de tableaux à dominante verte. Mais si caricatu­ral que soit cet extrait ‑ choisi non sans malice ‑, il laisse entrevoir l’essentiel, la quête d’un fondement objectif, et donc partagé, à l’action directe des élé­ments plastiques sur l’oeil, et, à travers lui, sur l’âme du spectateur. Bien entendu, cette quête, ici explici­tée, devient beaucoup plus tâtonnante lorsque l’artiste élabore ses oeuvres. L’acte créateur se défie souvent des théories appliquées : Kandinsky, pour sa part, use davantage des fulgurances de l’intuition que des ratio­nalisations qui accompagnent l’évolution de son art. »

 
 
 

[Cité par Denys Riout, Qu’est-ce que l’art moderne ? Gallimard, Folio/Essais 371, 2000, p 61]

 
 
 


«L’art ne reproduit pas, le visible; il rend visible. Et le domaine graphique, de par sa nature même, pousse à bon droit aisé­ment à l’abstraction » (Paul Klee, « Credo du créateur» [ 1920], Théorie de l’art moderne, Denoël/Gonthier, Paris,1980., p. 34).

 

Kandinsky, Du spirituel dans l’art, ( Paris, Denoël, 1989, p.151 )

 
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Publié dans 03- Perception L ES

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