ΦKant [45] Si la « personne » est une valeur absolue, alors les échanges sociaux ne peuvent considérer ces personnes comme des moyens. (FMM)

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Φ Kant [45] Si la « personne » est une valeur absolue, alors les échanges sociaux ne peuvent considérer ces personnes comme des moyens. (FMM)

 


 

[La problématique de ce texte énonce d’une manière simple et radicale, l’opposition entre la pratique de la morale et celle des échanges sociaux qui incline à considérer autrui comme d’un moyen pour se procurer des biens et des services. A quelles conditions un marché libre peut-il rester moral ?]

  

 

 

« Or je dis : l’homme, et en général tout être raisonnable, existe comme fin en soi, et non pas simplement comme moyen dont telle ou telle volonté puisse user à son gré ; dans toutes ses actions, aussi bien dans celles qui le concernent lui-même que dans celles qui concernent d’autres êtres raisonnables, il doit toujours être considéré en même temps comme fin. Tous les objets des inclinations dont qu’une valeur conditionnelle ; car, si les inclinations et les besoins qui en dérivent n’existaient pas, leur objet serait sans valeur. Mais les inclinations mêmes, comme sources du besoin, ont si peu une valeur absolue qui leur donne le droit d’être désirées pour elles-mêmes, que, bien plutôt, en être pleinement affranchi doit être le souhait universel de tout être raisonnable. Ainsi la valeur de tous les objets à acquérir par notre action est toujours conditionnelle. Les êtres dont l’existence dépend, à vrai dire, non pas de notre volonté, mais de la nature, n’ont cependant, quand ce sont des êtres dépourvus de raison, qu’une valeur relative, celle de moyens, et voilà pourquoi on les nomme des choses, au contraire, les êtres raisonnables sont appelés des person­nes, parce que leur nature les désigne déjà comme des fins en soi, c’est-à-dire comme quelque chose qui ne peut pas être employé sim­plement comme moyen, et qui par suite limite d’autant notre libre arbitre (et est un objet de respect). Ce ne sont donc pas des fins sim­plement subjectives, dont l’existence, comme effet de notre action, a une valeur pour nous : ce sont des fins objectives, c’est-à-dire des choses dont l’existence est une fin en soi-même, et même une fin telle qu’elle ne peut être remplacée par aucune autre, au service de laquelle les fins objectives devraient se mettre, simplement comme moyens. Sans cela, en effet, on ne pourrait trouver jamais rien qui eût une valeur absolue. »

 

[Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs, 1785, trad. Delbos, Delagrave, p. 148.]

 

 

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Publié dans 28 - Devoir

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