DUHEM PIERRE 1861-1916 [01] Positivisme : la science s’en tient au « comment » des lois, la question du « pourquoi » est métaphysique. « Une théorie physique n’est pas une explication »

Publié le par Maltern

DUHEM PIERRE 1861-1916 [01]  Positivisme : la science s’en tient au « comment » des lois, la question du « pourquoi » est métaphysique. « Une théorie physique n’est pas une explication »

 
L/ES   
 

« En regardant une théorie physique comme une explication hypothétique de la réalité matérielle, on la place sous la dépendance de la Métaphysique. Par là, bien loin de lui donner une forme à laquelle le plus grand nombre des esprits puissent consentir, on en limite l’acceptation à ceux qui reconnaissent la philosophie dont elle se réclame.

[...] Ne pourrait-on assigner à la théorie physique un objet tel qu’elle devînt autonome ? Fondée sur des principes qui ne relèveraient d’aucune doctrine métaphysique, elle pourrait être jugée en elle-même, et sans que les opinions des divers physiciens à son endroit dépendissent en rien des Écoles philosophiques diverses auxquelles ils peuvent appartenir.

Ne pourrait-on, pour construire une théorie physique, concevoir une méthode qui fût suffisante ?

[...] Posons, dès maintenant, une définition de la théorie physique ; cette défi­nition, la suite de cet écrit l’élucidera et en développera tout le contenu :

Une théorie physique n’est pas une explication. C’est un système de propositions mathématiques, déduites d’un petit nombre de principes, qui ont pour but de représenter, aussi simplement et aussi complètement que possible, un ensemble de lois expérimentales.

[...] Ainsi, une théorie vraie, ce n’est pas une théorie qui donne, des appa­rences physiques, une explication conforme à la réalité; c’est une théorie qui représente d’une manière satisfaisante un ensemble de lois expérimen­tales; une théorie fausse, ce n’est pas une tentative d’explication fondée sur des suppositions contraires à la réalité ; c’est un ensemble de propositions qui ne concordent pas avec les lois expérimentales. L’accord avec l’expérience est, pour une théorie physique, l’unique critérium. »

 

[Pierre Duhem, La Théorie physique. Son objet. Sa structure, 1906, Rivière, 1914, p. 23-26]



Critère

Il faut distinguer dans ce contexte l’expérience et la réalité. L’expérience, c’est l’ensemble des apparences, des phénomènes. Ces apparences ont-elles un lien, sont-elles conformes à la réalité ? Cette question excède le travail du physicien dont les théories se contentent de sauver les apparences, c’est-à-dire les données observables.






 

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