CASSIRER ERNST 1874-1945 [01] Ce qui distingue conscience sensible et spirituelle, c’est la fonction de symbolisation. Mythe, art, langage et science imposent l’être et constituent le réel.

Publié le par Maltern

CASSIRER ERNST 1874-1945  [01] Ce qui distingue conscience sensible et spirituelle, c’est la fonction de symbolisation. Mythe, art, langage et science imposent l’être et constituent le réel.

 

[Notre conscience se fait une « vision » des choses à partir de ce que lui fournissent nos sens, immédiatement et par intuition directe. Qu’il s’agisse de signe linguistique, d’image mythique ou artistique, le contenu spirituel est transporté dans une forme visible, audible, tactile qui « renvoie » à autre chose qu’elle-même. « … c’est ainsi le libre agir de l’esprit qui dissipe le chaos des impressions sensibles et lui donne pour nous une valeur stable. »]

 
 
 

« Ce n’est qu’en opposant à l’impression fuyante un pouvoir constructif, dans une des directions de la symbolisation que cette impression acquiert pour nous forme et durée. Ce passage à la forme s’accomplit de diverses façons et selon des principes de construction différents dans la science, dans le langage et dans le mythe ; principes et façons qui coïncident cependant dans le fait que le produit final de leur activité, tel qu’il nous apparaît, ne ressemble plus par aucun trait au simple matériau dont il procède originairement. C’est pourquoi ce n’est que dans la fonction fondamentale de la symbolisation en général, et dans ses diverses directions, que la conscience spirituelle et la conscience sensible sont véritablement distinguées. C’est ici seulement que se substitue à l’abandon passif à l’égard d’un être-là extérieur une activité autonome qui impose à cet être-là certains caractères par lesquels il se scinde pour nous en divers domaines et formes de réalité. En ce sens, le mythe et l’art, le langage et la science, construisent et imposent l’être : ce ne sont pas de simples copies d’une réalité déjà donnée, mais les lignes directrices générales du mouvement de l’esprit, du procès idéel par lequel le réel se constitue pour nous comme unité et pluralité - comme une diversité de configurations qui sont, en dernière instance, unifiées par l’activité signifiante. »

 
 
 

[E. Cassirer, La philosophie des formes symboliques, 1953, trad. 1972, Tome I, Intro. Chap. IV. P 51, Ed Minuit]

Publié dans 02- Conscience

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article